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Il y a des soirs d’hiver où l’on n’a plus envie de sortir l’appareil à raclette, de surveiller la fondue ou de faire la vaisselle jusque tard. Et puis il y a la matouille savoyarde. Un seul plat, quatre ingrédients, un fromage qui se met à frémir au four… et toute la table qui se tait au moment de servir. Vous allez voir, ce plat des Bauges peut vraiment devenir votre nouveau réflexe dès qu’il fait froid.
Dans le massif des Bauges, en Savoie, la matouille n’est pas un plat de carte de restaurant. C’est un plat de maison, presque un secret de village, que l’on prépare pour la famille ou pour les amis proches.
Imaginez la scène. Une grande table en plein hiver, les vitres un peu embuées, des assiettes simples. Au centre, un plat qui sort du four avec une Tome des Bauges entière, gonflée, le cœur qui ondule. À côté, des pommes de terre fumantes, un peu de charcuterie, une salade croquante. Vous servez, vous nappez, et tout le monde se ressert sans réfléchir.
Aucune machine spéciale. Pas de poêlons à distribuer. Juste un four, un plat, et un fromage qui fait tout le travail. C’est ce côté brut et chaleureux qui donne à la matouille son charme très particulier.
Vous connaissez déjà la raclette, la fondue, la tartiflette. C’est presque le trio officiel de l’hiver. Mais la matouille savoyarde suit une autre logique : moins de préparation, moins de matériel, une convivialité identique.
Pas besoin de brancher un appareil, de surveiller un caquelon, de gérer dix poêlons brûlants. Vous glissez la tome au four, vous faites cuire les pommes de terre à côté, et vous êtes libre. Libre de discuter, de préparer la table ou de simplement vous poser quelques minutes.
Pour un retour tardif de ski, une soirée après le travail ou un dimanche très tranquille, cette simplicité change tout. Le plat reste généreux, mais vous, vous restez détendu.
La force de ce plat, c’est sa base très courte. Mais chaque ingrédient compte. Pour 4 personnes, prévoyez :
La Tome des Bauges AOP est vraiment le centre du plat. Sa croûte grise protège une pâte souple, parfumée, avec un goût franc et un peu boisé. Au four, elle devient très fondante, presque crémeuse, parfaite à prendre à la cuillère.
Les pommes de terre doivent être à chair ferme, pour bien tenir sous le fromage. Les variétés comme charlotte, amandine, annabelle sont idéales.
Comptez environ 40 minutes en tout. Le temps de préchauffer le four, de préparer le fromage, de cuire les pommes de terre. Et votre cuisine commence déjà à sentir le fromage chaud et l’ail, ce mélange qui met immédiatement en condition d’hiver.
Choisissez un plat allant au four adapté à la taille de la tome. Si le plat est trop grand, le fromage s’étale et chauffe moins bien. S’il est trop petit, il risque de déborder pendant la cuisson.
Placez la Tome des Bauges entière dans le plat, croûte vers le haut. Avec un couteau bien tranchant, retirez uniquement la croûte sur le dessus, comme si vous retiriez un couvercle. Laissez la croûte sur les côtés, elle va jouer le rôle de “barrière” pour maintenir le fromage à l’intérieur.
Piquez la pâte du fromage avec la pointe d’un couteau en faisant 2 ou 3 trous. Épluchez les gousses d’ail, coupez-les en deux, puis glissez un morceau d’ail dans chaque trou sans aller trop profond. L’idée est que le parfum se diffuse bien à l’intérieur pendant la cuisson.
Versez ensuite 150 ml de vin blanc de Savoie sur le dessus du fromage et dans le fond du plat. Enfournez dans un four préchauffé à 180 °C (thermostat 6) pour environ 30 à 35 minutes.
Surveillez la fin de cuisson. Le dessus doit gonfler légèrement et onduler, un peu comme une petite mer de fromage. C’est le signe que l’intérieur est parfaitement coulant.
Pendant que le fromage fond, lavez soigneusement les 5 pommes de terre sans les éplucher. Placez-les dans une grande casserole, couvrez largement d’eau froide salée.
Portez à ébullition, puis laissez cuire 20 à 25 minutes. Vérifiez la cuisson en piquant avec la pointe d’un couteau. Si elle entre facilement, c’est bon.
Égouttez les pommes de terre, gardez-les entières et couvrez-les avec un torchon propre pour qu’elles restent bien chaudes. Ce détail est important. Une pomme de terre tiède accroche moins bien le fromage.
Au moment de servir, sortez le plat du four et posez-le directement au centre de la table, sur un dessous de plat bien stable. La croûte encore visible, le cœur qui bouge légèrement, l’odeur du vin blanc et de l’ail… l’effet visuel et olfactif est immédiat.
Ensuite, deux écoles existent, et c’est presque un sujet de débat.
Première option : garder les pommes de terre entières ou simplement coupées en deux. Chacun pique un morceau avec sa fourchette et vient le plonger directement dans le fromage, dans le plat.
L’ambiance est très conviviale. On parle, on rigole, tout le monde se retrouve autour du même centre de table. Il suffit de rappeler que le plat est chaud, surtout s’il y a des enfants, pour éviter les petites brûlures.
Deuxième option : la version plus “posée”. Dans chaque assiette, coupez les pommes de terre en gros morceaux. Puis, avec une grosse cuillère, venez napper de fromage fondu directement récupéré dans le plat.
Visuellement, c’est très réconfortant. L’assiette se couvre d’un manteau de Tome des Bauges bien chaud. Parfait pour les soirs de grand froid ou quand l’on a vraiment très faim.
La matouille peut se suffire à elle-même. Mais ce sont les accompagnements qui la transforment en repas dont on se souvient. L’idée est de rester simple, mais avec des saveurs franches.
Si vous recevez, prévoyez large en charcuterie et en salade. Sur ce genre de plat, les convives se resservent souvent sans même s’en rendre compte. Et il est assez rare qu’il reste quelque chose à la fin du repas.
Une fois la recette classique adoptée, vous pouvez essayer une variante très agréable, surtout quand il fait vraiment froid : la matouille de Mandrin. Le principe est le même, mais deux éléments changent.
Le cidre apporte une note fruitée plus ronde. Les pommes reinettes, cuites au four en quartiers ou revenues à la poêle avec un peu de beurre, créent un contraste sucré-salé très confortable. Cela rappelle certains plats montagnards suisses, mais avec ce caractère bien savoyard.
Quelques détails simples peuvent vraiment transformer votre matouille en plat mémorable.
Après une ou deux soirées passées autour de la matouille, il y a de fortes chances que la question “on fait une raclette ?” se transforme en “et si l’on faisait une matouille ce soir ?”. Plus simple, plus directe, toujours généreuse. Exactement ce que l’on cherche quand l’hiver s’installe.